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Le gestePose, joints et entretien du zellige

Pose du zellige au mur : le déroulé complet, du support à la protection

Poser du zellige reprend les gestes du carrelage mural, avec trois différences : des carreaux irréguliers, une pose presque sans joint et une protection finale. Voici le chantier dans l’ordre.

Mains posant un carreau de zellige vert bord à bord sur un mur encollé, à côté d’un niveau à bulle

Portrait d’Aurèle Ferrière, cheveux bruns courts, barbe de quelques jours, pull bleu marine, fond de pièce lumineuse et floueÉcrit par Aurèle Ferrière, relue par Philippine CastaniéMise à jour le · 3 min de lecture

Encollage
Double : mur et dos du carreau
Joint traditionnel
Très fin, 1 mm au plus
Séchage de la colle
Environ 24 heures avant le joint
Zone humide
Support imperméabilisé d’abord

La pose murale, dans l’ordre

  1. Contrôler et mélanger les carreaux

    On vérifie le lot, on le range au sec, puis on ouvre plusieurs boîtes et l’on pioche en alternance pour répartir les nuances. Une pose à blanc fixe le plan et la place des coupes.

  2. Préparer le support

    Le mur doit être propre, sec, plan et porteur. Un support neuf a son temps de séchage, de l’ordre de 3 mois pour du béton selon un guide. En zone d’eau, on l’imperméabilise.

  3. Tracer les repères

    Des lignes verticales et horizontales guident la pose. La première rangée part d’une ligne de niveau, et non du sol ou d’un plan de travail, rarement droits.

  4. Tremper puis encoller

    Les carreaux trempés quelques minutes sèchent 10 à 15 minutes. La colle s’étale au peigne cranté sur le mur et au côté lisse sur le dos de chaque carreau.

  5. Poser bord à bord

    Chaque carreau se place à la main, sans croisillons, puis se tapote au maillet. On contrôle le niveau après chaque ligne et l’on retire la colle fraîche sur l’émail.

  6. Jointer et nettoyer

    Après environ 24 heures de séchage, on fait pénétrer le joint, on retire l’excédent à l’éponge humide, puis on enlève le voile au chiffon microfibre.

  7. Protéger

    Sur une surface propre et sèche, on applique le traitement prévu par la notice, de bas en haut sur un mur, et l’on essuie le surplus.

Avant d’ouvrir le premier sac de colle

Les guides de pose listent le même matériel : un maillet en caoutchouc, un niveau à bulle, un malaxeur ou une perceuse munie d’une pale, un peigne cranté, cité en 8 mm par un guide, des seaux de mélange et de dosage, un platoir éponge, un platoir à joint, un rouleau pour le primaire et un pinceau large pour le traitement final. On ajoute un outil de coupe diamanté et les protections qui vont avec.

Le zellige se pose surtout au mur, en crédence et en salle de bains. Le sol obéit à d’autres contraintes, décrites dans la fiche sur le zellige au sol. Cette fiche suit une pose murale, du carton ouvert au mur protégé.

Le mur décide de la suite

Un carrelage ordinaire, régulier, pardonne un peu un mur imparfait. Le zellige, non : ses carreaux n’ont ni la même épaisseur ni la même planéité, et un mur bosselé additionne ses défauts aux leurs. En rénovation, les guides demandent de remettre le mur à niveau, par ponçage ou enduit, puis de le dépoussiérer. Un primaire d’accrochage, choisi selon que le support absorbe l’eau ou non, s’applique au rouleau.

Dans une pièce d’eau, le mur exposé aux projections reçoit une imperméabilisation avant toute colle. Le carreau émaillé résiste à l’eau, mais il ne rend pas la paroi étanche. Les exigences propres à la douche sont détaillées dans la fiche sur la douche en zellige.

Le calepinage, ou l’art de placer les coupes

Avant de coller, on pose les carreaux à plat, au sol, sur une surface égale à celle du mur, en mélangeant les boîtes. Cette répétition sert à deux choses. Elle répartit les nuances, et elle montre où tomberont les coupes. On cherche à éviter une bande très étroite en haut du mur ou contre un angle : mieux vaut décaler le départ pour obtenir deux coupes moyennes aux extrémités.

La première rangée part d’une ligne de niveau tracée, souvent matérialisée par une règle fixée provisoirement. Un sol ou un plan de travail n’est presque jamais parfaitement droit ; s’y appuyer ferait pencher tout le mur. Les coupes elles-mêmes se font au disque diamant, de préférence à l’eau : voir la fiche sur la découpe du zellige.

Coller sans croisillons

La colle se gâche selon sa fiche technique, repose quelques minutes, puis se malaxe à nouveau. Le double encollage est la règle : sillons au peigne sur le mur, fine couche lisse au dos du carreau. Le choix de la colle et la raison du trempage sont expliqués dans la fiche sur la colle du zellige.

Les carreaux se posent bord à bord, sans croisillons. L’espace laissé par leurs irrégularités forme un joint très fin, de 1 mm au plus selon les guides. Un guide demande au moins 2 mm sur les murs de douche ou de baignoire. Les limites de cette pose serrée sont décrites dans la fiche sur la pose sans joint apparent. On laisse ensuite sécher environ 24 heures.

Finir : joint, nettoyage, protection

Le joint se fait au platoir, en insistant pour remplir chaque interstice, puis l’excédent se retire à l’éponge humide quand le produit commence à prendre. Un guide prévoit 12 à 24 heures de séchage avant de retirer le voile au chiffon microfibre, puis au moins 2 jours en aérant la pièce. Largeurs et teintes sont traitées dans la fiche sur les joints du zellige.

Vient la protection. Selon les guides, il s’agit d’un traitement minéralisant ou hydrofuge, appliqué de bas en haut sur une surface propre et sèche, puis essuyé. Sa notice fixe le nombre de couches et le temps de séchage, de l’ordre de 24 heures pour l’un d’eux.

Faire soi-même ou confier la pose

La pose de zellige est réputée accessible à un bricoleur minutieux, et le rendu irrégulier laisse un petit droit à l’erreur. Les motifs à nombreuses découpes, les supports anciens et les zones d’eau changent la donne. Pour ces cas, les guides conseillent de faire appel à un carreleur qui connaît le matériau artisanal.

Les ratés les plus fréquents

  • Poser boîte après boîte : des zones plus claires ou plus foncées apparaissent sur le mur.
  • Coller sur un mur poussiéreux ou bosselé : ses défauts s’ajoutent aux irrégularités du zellige.
  • Oublier l’imperméabilisation derrière une douche ou une baignoire.
  • Laisser sécher la colle ou le joint sur l’émail avant de l’essuyer.
  • Nettoyer le chantier avec un produit acide, que les guides proscrivent sur le zellige.

Les questions qu’on nous pose

Comment poser du zellige ?

Sur un mur propre, sec et plan, on trace des repères, on trempe les carreaux, puis on encolle le mur et le dos de chaque carreau. Les carreaux se posent bord à bord, sans croisillons. Après séchage de la colle, on remplit les joints, on nettoie et l’on applique la protection prévue par la notice.

Est-ce que le double encollage est obligatoire ?

Pour le zellige, les guides de pose le recommandent tous : colle au peigne cranté sur le mur, fine couche au dos du carreau. Les épaisseurs inégales et la terre poreuse rendent ce double contact utile. La notice de la colle reste la référence pour chaque chantier.

Est-il possible de carreler sans ragréage ?

Le ragréage concerne les sols : il n’est utile que si la dalle n’est pas assez plane. Au mur, on rattrape plutôt les défauts par ponçage ou enduit. Avec du zellige, dont les carreaux sont déjà irréguliers, un support bien plan compte davantage qu’avec un carrelage industriel.

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