La pose du zellige
La pose murale du zellige suit un ordre précis : vérifier et mélanger les carreaux, préparer un support propre, sec et plan, tracer des…
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Le gestePose, joints et entretien du zellige
Le rectangle de zellige ouvre plus de choix que le carré. Chaque disposition change le tracé, le nombre de coupes et la façon de rattraper les irrégularités.

Écrit par Aurèle Ferrière, relue par Philippine CastaniéMise à jour le · 3 min de lecture
Choisir le sens et la disposition
Verticale pour élancer un mur, horizontale pour l’élargir, décalée pour un rendu plus vivant, bâton rompu ou chevron pour un motif graphique.
Composer à blanc
Un guide conseille de poser à sec l’équivalent de deux mètres carrés, puis de reculer de trois mètres pour juger le motif et la répartition des nuances.
Tracer les axes
Une ligne de niveau pour la première rangée, et un axe vertical au centre du mur pour un bâton rompu ou un chevron, qui partent du milieu.
Placer les coupes
On décale le départ pour obtenir des coupes de même largeur de chaque côté, en évitant les bandes très étroites, et l’on renvoie les coupes vers les angles peu visibles.
Poser en contrôlant chaque rangée
Les longueurs varient d’un carreau à l’autre : on vérifie l’alignement à la règle et au niveau à chaque rangée, avant que la colle ne prenne.
Jointer finement
Le joint reste très fin, comme pour le carré. Sa teinte change beaucoup la lecture d’une pose en bâton rompu.
Le rectangle de zellige le plus cité mesure 5 x 15 cm. Les guides en font le format de la pose libre, à la verticale, à l’horizontale ou en chevron. Un format proche, de 7,5 x 15 cm, apparaît dans certains catalogues. Le bejmat, cousin plus épais, relève de la même famille : voir la fiche sur le bejmat au sol.
Les carrelages effet zellige, industriels, proposent des rectangles plus longs, de 7 x 28 cm ou 10 x 30 cm par exemple. Ils se posent avec les mêmes dispositions, mais avec un joint calibré, car leurs dimensions sont régulières. Les cotes du zellige artisanal sont réunies dans la fiche sur les dimensions du zellige.
La pose droite verticale empile les carreaux en colonnes. Un guide note qu’elle accentue la hauteur sous plafond, un autre qu’elle donne un rendu plus contemporain que la pose horizontale. La pose horizontale, à l’inverse, étire le mur en largeur.
La pose décalée, ou à l’anglaise, avance chaque rangée d’une demi-longueur. Elle masque mieux les petites différences de longueur que la pose droite, où les joints alignés trahissent le moindre écart. Restent les poses graphiques, bâton rompu et chevron, qui demandent un axe et davantage de coupes. Un magazine de décoration signale enfin l’effet des joints sombres, qui soulignent la couleur des carreaux.
Les deux noms viennent du parquet, et les textes sur le zellige les confondent souvent. En bâton rompu, chaque rectangle vient buter à angle droit contre le suivant : les extrémités restent droites et dessinent des zigzags en escalier. Les carreaux rectangulaires s’y prêtent sans retaille.
En chevron, aussi appelé point de Hongrie, les extrémités sont coupées en biais pour que les carreaux se rejoignent sur une ligne continue, au centre du motif. Chaque carreau demande donc une coupe. La plupart des murs de zellige dits « en chevron » sont en réalité des bâtons rompus. La nuance compte au moment de prévoir le temps de pose et la quantité de chutes.
Un rectangle taillé à la main n’a pas la même longueur que son voisin. Sur une pose droite, l’écart reste local. Sur un bâton rompu, il s’additionne d’une rangée à l’autre et fait dériver le motif. On trie donc les carreaux par longueur proche, et l’on contrôle l’alignement sur une ligne de référence tracée au mur toutes les quelques rangées.
La pose elle-même suit les gestes habituels : support plan, trempage, double encollage, pose sans croisillons. Le déroulé complet figure dans la fiche sur la pose du zellige.
Sur un mur, les coupes se placent là où l’œil les remarque le moins : contre un angle rentrant, au ras d’un meuble haut, au bas du mur derrière un plan. On cherche aussi la symétrie. Une coupe de même largeur de chaque côté d’une fenêtre ou d’une hotte paraît voulue ; une bande étroite d’un seul côté paraît ratée. Les gestes de coupe sont décrits dans la fiche sur la découpe du zellige.
Dans les zones les moins visibles : angles rentrants, bas du mur derrière un plan, bord d’un meuble haut. On répartit les coupes de façon symétrique pour éviter une bande étroite d’un seul côté. La pose à blanc montre où elles tomberont.
On cite le plus souvent la pose droite, joints alignés, la pose décalée, chaque rangée avancée d’une demi-longueur, et la pose en diagonale. Avec un rectangle comme le zellige de 5 x 15 cm, s’ajoutent le bâton rompu et le chevron. Chaque pose change le nombre de coupes.
Les carreaux, mélangés puis trempés, se collent en double encollage sur un support propre, sec et plan. Ils se posent bord à bord, sans croisillons, en contrôlant le niveau à chaque rangée. Les joints très fins se remplissent après séchage de la colle.
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