L’origine du zellige
Les historiens rattachent le zellige à la mosaïque romaine puis byzantine. Des décors de céramique apparaissent dans l’Occident musulman entre le VIIIe et le…
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ComprendreComprendre le zellige : matière, motifs et formats
Le mot zellige désigne à la fois un petit morceau de terre cuite émaillée et le décor que l’on compose avec. Cette fiche dit ce qu’il recouvre, d’où vient le mot et à quoi l’on reconnaît la matière.

Écrite par Philippine CastaniéMise à jour le · 3 min de lecture
Le français a reçu le mot de l’arabe. Les dictionnaires le donnent comme nom masculin : un zellige, des zelliges. Le sens le plus souvent cité est celui de « petite pierre polie ». Selon les régions du Maghreb, on rencontre aussi les formes zliz, zellij, zellidj ou jelliz.
L’étymologie reste discutée. Une piste rattache le terme à une racine arabe qui exprime l’idée de briller ou de glisser. L’orientaliste néerlandais Reinhart Dozy le rapprochait plutôt du lapis-lazuli, à cause de la place du bleu dans les premiers décors. Certains dictionnaires font passer le mot par l’espagnol azulejo. L’Espagne, elle, nomme cette technique de mosaïque alicatado, d’un verbe qui signifie couper. Le geste de la taille est donc inscrit dans le nom.
Au sens premier, un zellige est une tesselle : un fragment de carreau de faïence d’une seule couleur, taillé à la main. Les dictionnaires parlent d’un « petit élément d’une marqueterie de céramique émaillée ». Assemblés sur un lit de mortier, ces fragments forment une composition géométrique à plusieurs couleurs, posée sur les murs des palais, des lieux de culte et de certaines maisons.
Le mot nomme aussi la mosaïque terminée : on parle d’un zellige pour un panneau entier. Dans l’usage d’aujourd’hui, il désigne enfin le carreau émaillé posé entier, sans découpe en tesselles. C’est le plus souvent un carré d’environ 10 x 10 cm, celui que l’on voit en crédence ou en mur de douche. Ce troisième sens est le plus courant en France, alors que le premier reste celui des historiens de l’art.
Toutes les étapes sont manuelles. L’argile, extraite pour une large part dans la région de Fès, est moulée en carreaux, séchée puis cuite une première fois. Le carreau reçoit ensuite son émail et retourne au four. La taille vient en dernier, au marteau tranchant. Le détail de ces étapes est développé dans notre guide du zellige artisanal, et la chronologie du décor dans la fiche sur l’origine du zellige.
Quelques signes trahissent la fabrication à la main. Aucun ne suffit seul, mais leur réunion ne trompe guère.
Les formes taillées, étoiles, losanges ou croix, et leur logique d’assemblage sont décrites dans la fiche sur les motifs du zellige.
Le carrelage « effet zellige » est un produit industriel. Il reprend l’aspect brillant et nuancé du zellige, mais garde une épaisseur régulière et un émail homogène dans chaque carreau, même si les teintes changent d’un carreau à l’autre. Sa base est une faïence à pâte blanche, réservée aux murs, ou un grès cérame qui va aussi au sol.
La différence se joue surtout au chantier. L’imitation se pose comme un carrelage classique. Le zellige, avec ses épaisseurs inégales, demande un poseur qui connaît le matériau : voir notre fiche sur la pose du zellige. Pour un sol ou une pièce d’eau, la décision revient à un carreleur qui voit le support.
Zelij, ou zellij, est une des graphies du mot arabe que le français écrit zellige. On le traduit le plus souvent par « petite pierre polie ». Le mot désigne la tesselle de terre cuite émaillée et, par extension, la mosaïque qu’elle compose.
Le carrelage courant sort d’une production en série : même épaisseur, arêtes nettes, teinte constante. Le zellige est moulé, émaillé et taillé à la main, avec des bords biseautés, des épaisseurs inégales et des nuances d’un carreau à l’autre. Il se pose donc autrement, souvent à joint très fin.
C’est un carrelage industriel qui imite l’aspect du zellige : émail brillant, légères ondulations, nuances entre les carreaux. Sa base est une faïence murale ou un grès cérame. Il se pose comme un carrelage ordinaire, car son épaisseur est régulière.
Les historiens rattachent le zellige à la mosaïque romaine puis byzantine. Des décors de céramique apparaissent dans l’Occident musulman entre le VIIIe et le…
Le motif zellige traditionnel est une composition géométrique : des tesselles de couleurs différentes, taillées en étoiles, losanges ou polygones, s’assemblent autour d’une étoile…
Le format de zellige le plus répandu est le carré d’environ 10 x 10 cm. Viennent ensuite le petit carré de 5 x 5…