Le zellige en Algérie
En Algérie, le zellige est attesté dès le XIe siècle à la Qalaa des Béni Hammad, où les fouilles ont livré des briques émaillées…
Les rubriques du carnet
ComprendreHistoire et savoir-faire du zellige, du Maghreb à l’Andalousie
Deux pays ont engagé des démarches auprès de l’Unesco pour le zellige, et le sujet nourrit une querelle diplomatique. Cette fiche reprend, date par date, ce que montrent les documents publics et la presse.

Écrite par Philippine CastaniéMise à jour le · 3 min de lecture
L’Unesco ne tient pas une liste unique. Les sites et les monuments relèvent du patrimoine mondial : les vestiges de la Qalaa des Béni Hammad, en Algérie, où l’on a retrouvé des céramiques émaillées du XIe siècle, sont classés à ce titre. Les savoir-faire, les chants ou les rituels relèvent d’un autre texte, la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dite convention de 2003.
Cette convention tient plusieurs listes, dont une liste représentative et une liste de sauvegarde urgente. Les États déposent des candidatures, et les inscriptions sont votées lors des sessions du Comité intergouvernemental. Le calendrier publié sur le site de la convention annonce la 21e session de ce comité à partir du 30 novembre 2026. Les démarches autour du zellige concernent ce volet immatériel : des gestes, un apprentissage, une transmission.
L’Algérie a ratifié la convention le 15 mars 2004. Le site de l’Unesco lui compte 13 éléments inscrits, du raï à la calligraphie arabe. À la rubrique des candidatures en cours, il mentionne pour le cycle 2026 un dossier destiné à la liste représentative : « L’art d’ornementation architectonique en zellidje, céramique émaillée : savoirs et savoir-faire associés ».
La presse algérienne avait annoncé ce dépôt en citant le directeur d’un centre national de recherche d’Alger. Selon lui, le zellige existe dans le pays comme pratique culturelle, urbaine et artistique, présente depuis des siècles à la Qalaa et dans d’autres sites de l’Ouest et de l’Est. La fiche sur le zellige en Algérie détaille ces sites.
En novembre 2025, le ministère marocain chargé de la culture a lancé le projet de candidature de « l’art du zellige de Fès et de Tétouan ». Le projet met en avant la taille manuelle des carreaux, l’assemblage des motifs et l’apprentissage auprès des maâlems, transmis en famille comme dans des instituts de formation. La fiche sur le zellige de Fès décrit ces ateliers.
Au printemps 2026, la presse marocaine rapporte que le royaume a contesté le dossier algérien auprès de l’Unesco, et qu’une délégation de son ministère a rencontré des responsables de l’organisation. Les arguments avancés, selon ces articles : un enregistrement du zellige auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, avec les variantes de Fès et de Tétouan, et un ouvrage des frères Marçais, de 1903, sur l’origine du mot « zelij ». Ces éléments sont présentés par une partie ; le carnet les rapporte sans les évaluer.
La querelle déborde le patrimoine. En 2022, des motifs inspirés du zellige sur un maillot d’entraînement de la sélection algérienne de football ont provoqué une protestation du Maroc ; selon la presse, l’équipementier a fait marche arrière et reconnu l’inspiration marocaine du dessin. En 2025, un autre maillot a relancé la polémique. La presse des deux pays traite le sujet sur un ton souvent vif, que nous ne reprenons pas.
L’intitulé du dossier algérien parle de « savoirs et savoir-faire associés » ; le projet marocain, d’un savoir-faire transmis. Les listes de la convention décrivent des pratiques vivantes et ceux qui les portent ; elles ne tranchent pas une date de naissance. Le site de la convention publie aussi des orientations sur les candidatures multinationales. L’Algérie a déjà une inscription de ce type, l’imzad des communautés touarègues, partagée avec le Mali et le Niger.
Pour la chronologie et les hypothèses des historiens, qui décrivent un art apparu presque en même temps dans plusieurs dynasties, voir la fiche sur l’origine du zellige. Le carnet ne prend pas parti sur l’appartenance du zellige.
Le zellige s’est développé presque en même temps dans plusieurs dynasties du Maghreb et d’Andalousie. L’Algérie en conserve des témoins anciens, à la Qalaa des Béni Hammad et à Tlemcen, et porte un dossier à l’Unesco. Le Maroc revendique lui aussi ce patrimoine : la question reste disputée entre les deux pays.
Le site de la convention compte 13 éléments inscrits pour l’Algérie, parmi lesquels le raï (2022), la calligraphie arabe (2021) et les savoirs liés au couscous (2020). On y trouve aussi l’imzad et le henné (2024). Le zellidje figure, lui, parmi les candidatures en cours.
Au 12 octobre 2026, le dossier algérien sur le zellidje figure parmi les candidatures en cours, et le Maroc a engagé sa propre démarche sur le zellige de Fès et de Tétouan. Les inscriptions sont votées par le Comité intergouvernemental de la convention. Les vestiges de la Qalaa des Béni Hammad sont, eux, déjà classés au titre des sites.
Lectures
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Les historiens rattachent le zellige à la mosaïque romaine puis byzantine. Des décors de céramique apparaissent dans l’Occident musulman entre le VIIIe et le…