L’origine du zellige
Les historiens rattachent le zellige à la mosaïque romaine puis byzantine. Des décors de céramique apparaissent dans l’Occident musulman entre le VIIIe et le…
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ComprendreHistoire et savoir-faire du zellige, du Maghreb à l’Andalousie
L’Algérie conserve plusieurs des plus anciens témoins de céramique émaillée du Maghreb, et Tlemcen en a fait une tradition de ville. Cette fiche réunit les lieux, les dates et l’état du débat, sans parti pris.

Écrite par Philippine CastaniéMise à jour le · 3 min de lecture
La presse algérienne fait commencer l’histoire du zellige dans le pays avec l’ère hammadide, en 1005, qui coïncide avec la construction de la citadelle des Béni Hammad. Les fouilles y ont révélé des carreaux de sol, des revêtements de murs et de fenêtres. Le site a livré le premier témoin de céramique émaillée retrouvé en Afrique du Nord, daté du XIe siècle : des briques émaillées et une marqueterie de terre.
Plusieurs auteurs y voient un relais majeur. Selon cette hypothèse, la mode de ce décor serait partie de la Qalaa, puis de Béjaïa, pour gagner l’Espagne et le Maroc. Un ouvrage consacré aux arts du Maroc reprend d’ailleurs cette piste. Les vestiges de la Qalaa sont classés par l’Unesco. La fiche sur l’origine du zellige replace ce site parmi les autres hypothèses.
Les Zianides règnent à Tlemcen de 1236 à 1554. « Au 13e siècle, cet art a connu une grande prospérité sous le règne des Zianides », explique une responsable du musée de l’archéologie musulmane de la ville. Il en reste les vestiges du palais El Mechouar, la médersa Tachfinia, du XIVe siècle, et la mosquée Sidi Boumediene, bâtie au même siècle. Le minaret de la grande mosquée de Tlemcen date de 1280.
Les fouilles du palais El Mechouar ont dégagé les caractères propres aux ateliers zianides. La variété des compositions et des nuances suppose des artisans qui maîtrisaient la géométrie comme la taille de la terre émaillée. La plupart des motifs sont géométriques ; les arabesques végétales du portail de Sidi Boumediene font figure d’exception. Les études récentes montrent aussi que les chantiers commandés par les Mérinides autour de Tlemcen ont fait appel à des ateliers locaux. Ces décors couvrent les sols, le bas des murs, et parfois des colonnes et des seuils de portes.
Le musée de Tlemcen conserve de nombreux panneaux et fragments issus des monuments médiévaux de la ville. Le musée national des antiquités et des arts islamiques, à Alger, expose un fragment de la médersa Tachfinia. À Paris, le musée du Louvre montre des fragments de la Qalaa des Béni Hammad, datés de la fin du XIe siècle, et un fragment de Sidi Boumediene. Le musée de Cherchell garde une mosaïque romaine géométrique de l’antique Césarée de Maurétanie, lointain ancêtre de ces décors.
Le métier n’a pas disparu. Selon la presse algérienne, des artisans des communes de Nedroma et de Maghnia se sont spécialisés dans un type appelé « kirati », présenté comme un zellige de luxe. À Tlemcen, des ateliers travaillent encore avec la pâte d’argile et le four traditionnel. La direction de la culture de la wilaya organise des ateliers avec les musées, des journées d’étude et des sessions de formation pour des artisans de l’argile à l’institut spécialisé de Mansourah.
Le mot change aussi de forme. Les textes algériens écrivent volontiers zellidj ou zellidje, et les dictionnaires relèvent une forme kabyle, azelliǧ. Les motifs, eux, obéissent à la même géométrie qu’ailleurs : voir la fiche sur les motifs du zellige.
Le département des arts de l’université de Tlemcen estime qu’on ne peut attribuer le zellige à une région précise : il apparaît en même temps chez les Almohades, les Mérinides, les Zianides, les Nasrides et les Hafsides. Côté algérien, un directeur de centre de recherche d’Alger cite la présence du zellige à la Qalaa et dans d’autres sites de l’Ouest et de l’Est du pays. Côté marocain, la presse cite un ouvrage des frères Marçais, de 1903, qui tient le mot « zelij » pour marocain et voit dans sa présence à Tlemcen un emprunt.
Le site de l’Unesco range parmi les candidatures en cours un dossier algérien intitulé « L’art d’ornementation architectonique en zellidje, céramique émaillée : savoirs et savoir-faire associés ». Le détail des démarches des deux pays figure dans la fiche sur le zellige et l’Unesco, et le métier marocain dans celle sur le zellige marocain.
C’est l’ensemble des décors de céramique émaillée réalisés à Tlemcen, surtout sous les Zianides. On le voit dans les vestiges du palais El Mechouar, de la médersa Tachfinia ou de la mosquée Sidi Boumediene. Il couvrait les sols, le bas des murs, des colonnes et des seuils.
Le musée de Tlemcen et le musée national des antiquités et des arts islamiques d’Alger conservent des panneaux et des fragments. Sur place, la Qalaa des Béni Hammad et les monuments de Tlemcen gardent des vestiges. Le Louvre, à Paris, expose aussi des fragments venus de ces sites.
Oui. Des artisans de Nedroma et de Maghnia, dans l’ouest du pays, fabriquent un type appelé « kirati ». Des ateliers de Tlemcen travaillent encore avec la pâte d’argile et le four traditionnel, et des formations d’artisans y sont organisées.
Lectures
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